




Juste un message pour vous montrer ce qu'on fait mes petits apprentis sorcier de l'atelier Ungerer que j'ai animé ces 3 deniers samedi.
Le but du jeu, pour eux comme pour moi, c'était de réaliser des pop up, inspirés de l'album de Tomy Ungerer. Et ainsi, sans qu'ils me voient venir, je pouvais aborder les notions de plans, de perspective, d'échelle, mais aussi de composition à partir d'un texte (celui de Goethe en l'occurrence) d'illustration et de typo, en résumé, les questions relatives au boulot d'illustrateur.
Alors au niveau de l'organisation, j'avais donc sous ma responsabilité 10 joyeux lurons, pimpants et dynamiques, autour d'une table ronde trop petite, dans une bibliothèque bien trop précieuse puisque renfermant toute la collection de livres de Tomy Ungerer du musée, accessibles uniquement par un ascenseur à code, lequel ne nous est pas communiqué...
Tout cela à de l'importance dans la suite des événements car, j'avais prévu en séance 1 un atelier peinture... En arrivant, pas de pinceaux plus large que mon petit doigt... Mais, pleine de ressources, j'ai trouvé une vieille éponge qui traînait dans les parages, et hop hop hop, je la découpe ; j'ai maintenant 10 petits morceaux d'éponge à ma disposition (tant pis pour les nettoyage de tasse de café des secrétaires...). Et nous voici partis gaiment dans l'élaboration de notre arrière plan, composé de 2 feuilles au format A3, sur lesquelles on redessine au feutre un décor. Résultat des courses, une petite fille remaquillée tout en peinture rose fuschia, au moins c'était dans les teintes de princesse, nombres de manches trempées dans des coloris multiples et variés, c'était un minimum, et là catastrophe, une tâche sur un rideau de la bibliothèque... no comment.
Du coup, j'ai remanié la deuxième séance pour éviter la peinture ! (autre surprise, le feutre a été absorbé par la peinture, il faut recommencer les décors...) On passe au découpage-collage. Toujours avoir en tête que les 10 gamins, à savoir 20 yeux au total, sont braqués sur vous, un peu perplexes. Tout va bien ! Il suffit juste de recommencer avec des craies grasses (attention !!! des pastels secs sont disponibles, mais pas de fixatif, d'autant plus que l'utilisation de fixatif dans la bibliothèque est fortement interdit... et qui dit dessin pas fixé, dit dessin bousillé !). Bon donc j'ai quand même réussi à avancer et à commencer les premiers plans, avec les personnages. Sinon, le découpage-collage, c'est bien (quand les ciseaux coupent et que les tubes de colles ne sont pas vides) mais ça catapulte des petites morceaux à des kilomètres de la table ! merci le rangement...
Alors là je me suis dis qu'il fallait faire quelque chose pour mettre un coup de turbo... Du coup, j'ai tout ramené chez moi pour mettre la main à la pâte. Me voici donc partie pour une haute production en chaîne de pop up. Ne comptez-pas sur la colle en spray fournie par le musée (oui, j'avais eu la présence d'esprit de prendre les éléments qui, normalement m'aurait aidée à confectionner les pop up, à savoir colle et carton, mais pas le craft puisque je ne l'ai pas trouvé avant de partir). Cette colle en spray, non utilisable dans la bibliothèque est en fait, non utilisable tout court, puisqu'au-delà de la colle repositionnable, c'est une colle qui ne colle rien à part les doigt. J'ai de la ressource, puisque j'ai de la colle papier peint... bref je vous passe les " il me manque deux bras " pour tenir le tout serré pour que ça daigne enfin coller, oui car ça prend du temps du coup, et la panne de papier craft vendredi soir à 1h00 du mat.
Me revoici de nouveau, fraîche et joyeuse à l'atelier... Revoilà un des mes petits gars qui avait disparu la fois dernière... et c'est un défis qui commence : lui faire rattraper la séance manquée et avoir quelque chose à la fin de la séance. Bon là j'ai juste eût l'impression de faire un match de boxe, pas chassé, pas chassé, hop je passe au candidat suivant pour coller et monter les plans en volume. Hop, je dicte des vers de Goethe à tout va, et hop le titre, hop des ailles de chauve-souris, hop des potions magiques... c'est la fin de l'atelier il faut déjà y aller.
Alors que retenir de tout ça ? Pour moi ce sera les commentaires des parents un peu surpris de voir le résultat et les yeux brillants des enfants, tout fiers d'expliquer à leur parent ce qu'est un pop up, comment ils ont fait et pourquoi. Du coup, comme on a un peu fini en retard j'ai pas pu prendre tous les pop up en photo. C'est dommage mais en voici quelques uns néanmoins.
Merci à tout le monde pour le soutien et les idées pendant cette aventure...
samedi 15 mars 2008
Fiche pédagogique pour bien réaliser son Atelier Ungerer...
Libellés : Atelier Ungerer
lundi 21 janvier 2008
La Grammaire de l'imagination
Aujourd'hui je me suis plongée dans la lecture du livre de Gianni Rodari, La Grammaire de l'imagination. Ce livre est très agréable à lire. L'auteur nous présente en effet sans aucune prétention et avec une touche d'humour qui lui est propre, ses méthodes pour développer son imagination et pour produire ses histoires.
Profitant de son expérience en tant qu'instituteur, il a pu développer des ateliers autour du mot et de l'imagination avec ses élèves. Ce livre est donc illustré par de nombreux exemples qui viennent expliciter ce que propose chaque chapitre.
Gianni Rodari développe des systèmes permettant d'aider l'enfant à l'écriture. Il propose par exemple de créer des "binômes imaginatifs", afin de créer des rencontres improbables entres différents mondes, de développer des acrostiches, d'ajouter à un mot un préfixe, réinventant ainsi de nouvelles notions...
" C'est en se trompant qu'on apprend. "
Ceci est la traduction littérale du proverbe italien qui équivaut à notre "C'est en forgeant qu'on devient forgerons. Gianni Rodari part du principe que tout élément peut être déclencheur à l'écriture d'une histoire. Ainsi, même dans les fautes d'orthographe peuvent servir de prétexte à l'écriture.
[ Cela me rappelle mon "cahier noir" en CE2. Il s'agissait de mon cahier d'expression écrite. Mon professeur, M. Andrea nous avait donné pour seule consigne d'écrire, quelle que soit la forme que cela puisse prendre. Et c'est ainsi que ce cahier fut l'objet pour moi d'une expérimentation du mot à tous les niveaux : petites rédactions, conte, poésies, bandes dessinées, mots croisés, etc. ]
Ce qui m'intéresse particulièrement dans ce livre, ce sont bien évidemment les chapitres consacrés au conte. Comme je le pressentais, c'est bien dans ce livre que Gianni Rodari propose un jeu de carte se basant sur les fonctions de Propp. Il a réalisé, avec des amis peintres, une série de 20 cartes (et non pas 31). Les cartes donnent les instructions (la structure du récit), les enfants inventent le conte.
Les fonctions de Propp ne constituent pas une contrainte au récit : au contraire, elles forment une ouverture infinie du scénario en suggérant tout un univers de possible. Ce qui est intéressant également, ce que les enfants se sont par la suite réappropriés les cartes pour réinventer de nouvelles règles, et par là même de nouvelles facons d'inventer une histoire.
Ce livre est donc une sorte de répertoire d'idées pour jouer avec les mots avec les enfants. Certaines critiques ne le trouvent pas digne d'intérêt. Mais ce livre n'a pas pour vocation de donner une grammaire exhaustive de l'imagination et son auteur s'en défend bien dès les début de son livre. Il s'agit plus de son témoignage quant à sa propre expérience, de montrer et de donner envie de jouer avec les mots pour réinventer sans cesse des histoires. Le titre du livre serait plutôt Ma grammaire de l'imagination, puisqu'il s'agit de ses propres "trucs" qui lui ont permi de développer son imagination et d'écrire ses nouvelles.
Quant à moi, ce livre est une source d'idées, de "recettes" que je vais pourvoir remettre à ma sauce pour l'atelier que je dois animer au musée Tomi Ungerer autour de l'Apprenti Sorcier. Tout comme un sorcier, l'atelier va j'espère faire opérer la magie de l'écriture à partir d'ingrédients qui restent encore à définir... à suivre !
Je termine sur cette phrase de Wittgenstein...
" Les mots sont comme la pellicule superficielle d'une eau profonde. "
Libellés : Atelier Ungerer, Carnet de lecture, Sujet Perso
dimanche 20 janvier 2008
Gianni Rodari
Ah quel plaisir de retrouver cet auteur. Ce nom ne vous dit peut-être rien mais moi il évoque mes cours de français, en 6ème, avec Monsieur Barbaroux. Ce prof m'a fait découvrir le plaisir de lire ! Et c'est avec La Tarte Volante, de Gianni Rodari donc, qu'a débuté cette année...
Alors quand je suis tombée sur un article parlant du système de Propp, système composé de 31 fonctions qui se retrouvent plus ou moins dans tous les contes merveilleux, et que j'ai vu apparaître le nom de Gianni Rodari, il n'en fallait pas moins pour réveiller en moi la jeune élève de 6ème ! Et voici ce que je découvre...
Gianni Rodari est un écrivain-poète-journaliste du début du XXème siècle. Il a écrit pour la littérature enfantine. Mais ce que je ne savais pas, c'est qu'il avait étudié les contes de fées. En se basant sur le système de Propp, il propose de réaliser un jeu de 31 cartes (tout comme les 31 fonctions repérées par Propp). Malheureusement, mon enquête s'arrête ici pour le moment car je n'arrive pas à trouver d'informations complémetaires... Il a par ailleurs écrit un livre, que je vais essayer de me procurer, intitulé Grammaire de l'imagination. Peut-être est-ce dans un de ces chapitres qu'il évoque cette idée. En attendant voici déjà un extrait :
" JEUX ANCIENS
La recherche du thème imaginatif peut s'effectuer au moyen de certains jeux qui, pour avoir été
pratiqués par les dadaïstes et les surréalistes, n'en sont pas moins certainement antérieurs à ces mouvements artistiques.[...] L'un de ces jeux consiste à découper des titres de journaux et à les mélanger pour en tirer des faits divers absurdes, sensationnels ou simplement amusants. (p. 52)
CONTES DEFAITS OU COMMENT FAIRE DERAILLER LES HISTOIRES
"Faisons dérailler les histoires" peut naître dans toute famille et à n'importe quel moment [...]
C'est un jeu plus sérieux qu'il n'y peut paraître au premier abord. Mais il faut le pratiquer au moment opportun. Les enfants, en matière d'histoires, sont assez longtemps conservateurs. Ils veulent les réentendre avec les mêmes mots que la première fois, pour le plaisir de les reconnaître, de les apprendre par coeur d'un bout à l'autre, de ressentir les émotions de la première rencontre, exactement dans le même ordre: surprise, peur, gratification. Ils ont besoin d'ordre et de sécurité: le monde ne doit pas sortir trop brusquement des rails sur lesquels, non sans peine, ils viennent de l'engager.
Il est donc possible qu'au début le jeu qui consiste à faire dérailler les histoires les irrite, parce qu'il leur donne une sensation de danger. Ils sont préparés à… : mais l'apparition de l'insolite les inquiète…
A un certain moment – peut-être quand (l'histoire) n'a plus grand-chose à leur dire, quand ils sont prêts à s'en séparer comme d'un vieux jouet épuisé par l'usage – ils acceptent que de l'histoire naisse la parodie, un peu parce que celle-ci entérine ce détachement, mais un peu aussi parce que le nouveau point de vue renouvelle l'intérêt de l'histoire elle-même en la relançant sur d'autres rail. (p. 69)
Grammaire de l'imagination, Gianni RODARI, RUE DU MONDE "
Ces réflexions me ramène à mon sujet... mais aussi à l'atelier que je vais animer au Musée TomiUngerer. Je me dis que la possibilité que j'ai, de travailler sur l'album de Tomi Ungerer, L'Apprenti Sorcier, qui est avant tout un conte de Goethe, est une chance. Il me semble donc nécessaire de réflechir mon sujet conjointement à mon atelier pour le musée...
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